Le 25 Août 20262026 : l’AI Act entre dans une nouvelle phase – les entreprises doivent préparer leurs salariés à l’IA

Depuis août 2026, une nouvelle étape vient d’être franchie pour les entreprises qui utilisent l’intelligence artificielle.

ChatGPT, Copilot, assistants intégrés aux logiciels, outils de génération de contenus, de traduction ou d’analyse… L’IA fait désormais partie du quotidien professionnel de nombreuses entreprises.

Mais depuis cet été, son utilisation s’inscrit dans un cadre réglementaire européen beaucoup plus concret.

Le 2 août 2026 marque la date générale d’application de l’AI Act (règlement européen sur l’intelligence artificielle). Quelques jours auparavant, le 27 juillet 2026, un nouveau règlement européen était également entré en vigueur afin d’en modifier et d’en simplifier certaines dispositions.

Pour les entreprises, le message est clair : l’utilisation de l’intelligence artificielle ne peut plus être laissée sans accompagnement ni règles.

2026 : ce qui change réellement

Certaines dispositions de l’AI Act étaient déjà applicables depuis 2025, notamment l’article 4 consacré à la maîtrise de l’IA.

Mais 2026 constitue une étape majeure : le règlement est désormais, dans son ensemble, beaucoup plus largement applicable. Certaines obligations très techniques concernant les systèmes classés à haut risque ont été reportées à 2027 ou 2028, mais l’essentiel du cadre européen est désormais en place.

Et contrairement à ce que l’on pourrait penser, ce sujet ne concerne pas uniquement Google, Microsoft, OpenAI ou les entreprises spécialisées dans l’intelligence artificielle.

Une TPE ou une PME qui utilise des outils d’IA peut elle aussi être considérée comme un déployeur, c’est-à-dire une organisation qui utilise un système d’IA dans le cadre de son activité professionnelle.

Ainsi, une entreprise dont les salariés utilisent ChatGPT pour rédiger un courrier, synthétiser un document, préparer une présentation ou générer du contenu professionnel est directement concernée par la question de la maîtrise de l’IA.

Vos salariés utilisent l’IA ? L’entreprise doit les accompagner

C’est probablement l’un des points les plus importants à retenir.

L’article 4 de l’AI Act impose aux fournisseurs et aux déployeurs de systèmes d’IA de prendre des mesures adaptées pour favoriser le développement de la maîtrise de l’IA de leur personnel et des autres personnes utilisant ces systèmes pour leur compte.

Le règlement modificatif entré en vigueur en juillet 2026 a fait évoluer la rédaction de cet article, mais il n’a pas supprimé cette obligation.

Autrement dit, laisser simplement ses collaborateurs utiliser des outils d’intelligence artificielle sans sensibilisation, sans accompagnement et sans règles d’utilisation devient difficilement compatible avec cette exigence.

Cela signifie-t-il qu’une formation est juridiquement obligatoire ?

La nuance est importante.

L’AI Act n’impose ni formation standardisée, ni diplôme, ni certification particulière à tous les salariés.

Il demande à l’entreprise de prendre des mesures adaptées aux connaissances des personnes concernées, à leur expérience, à leur formation et surtout aux usages réels de l’intelligence artificielle dans l’entreprise. La Commission européenne confirme qu’aucun niveau identique de maîtrise n’est exigé pour chaque individu.

La formation constitue cependant l’un des moyens les plus structurés et les plus facilement démontrables pour répondre à cet enjeu.

Il ne suffit d’ailleurs pas d’apprendre aux collaborateurs à rédiger de meilleurs prompts (instructions données à une intelligence artificielle).

Ils doivent également apprendre à vérifier les réponses produites par une IA, identifier ses erreurs et ses « hallucinations », protéger les données personnelles et les informations confidentielles, respecter les règles de propriété intellectuelle et savoir dans quelles situations une validation humaine reste indispensable.

Le risque : l’IA est parfois déjà utilisée sans que la direction le sache

C’est probablement l’un des principaux enjeux pour les entreprises en 2026.

Dans de nombreuses organisations, les collaborateurs n’ont pas attendu la mise en place d’une politique officielle pour commencer à utiliser l’intelligence artificielle.

Un salarié peut créer un compte ChatGPT, copier un document professionnel dans un outil d’IA, demander la synthèse d’un dossier client ou utiliser une intelligence artificielle pour préparer un courrier.

Ces usages peuvent être très efficaces.

Mais ils peuvent également exposer l’entreprise à des risques concernant les données personnelles, la confidentialité, la propriété intellectuelle ou simplement la fiabilité des informations produites.

On parle parfois de shadow AI (utilisation de l’intelligence artificielle en dehors du cadre défini par l’entreprise).

En 2026, que devrait faire une entreprise ?

La priorité n’est pas de créer immédiatement une réglementation interne complexe.

Elle consiste d’abord à savoir quelles intelligences artificielles sont utilisées, par quels collaborateurs et pour quelles tâches.

L’entreprise peut ensuite définir quelques règles simples : quelles informations peuvent être transmises à une IA, lesquelles doivent rester confidentielles, quelles productions doivent être contrôlées par une personne et quels outils sont autorisés.

Enfin, elle doit mettre en place des actions adaptées permettant aux salariés concernés de développer une véritable maîtrise de ces outils.

Former aujourd’hui pour utiliser l’IA plutôt que la subir

La nouveauté de 2026 n’est donc pas que l’Europe vient soudainement d’imposer une formation obligatoire à tous les salariés.

La réalité est plus précise : l’obligation de développer la maîtrise de l’IA existe déjà depuis 2025, mais 2026 fait entrer l’AI Act dans une nouvelle phase d’application.

Pour les entreprises qui utilisent déjà l’intelligence artificielle, il devient donc nécessaire de structurer les usages et d’accompagner les collaborateurs.

Et cette contrainte réglementaire peut devenir une véritable opportunité.

Former ses salariés à l’IA, c’est à la fois sécuriser les pratiques, protéger l’entreprise et apprendre à exploiter réellement le potentiel de ces nouveaux outils.

En 2026, la question n’est donc plus vraiment :

« Devons-nous nous intéresser à l’intelligence artificielle ? »

Mais plutôt :

« Nos collaborateurs savent-ils réellement l’utiliser de manière efficace, responsable et sécurisée ? »

Cet article constitue une information générale et ne remplace pas un conseil juridique adapté à la situation particulière de votre entreprise. Il tient compte du règlement (UE) 2024/1689 sur l’intelligence artificielle et du règlement modificatif (UE) 2026/1744.